To be continued

Publié le par Maxime Pinot

Ça doit être quelque chose de beau d'être alchimiste. De faire jaillir de la matière la plus commune qu'il soit, le métal le plus précieux. De transcender les lois d'un monde trop terre à terre. De chercher, toujours, à faire le beau avec le laid. De trouver la grandeur dans la banalité. D'un coup de baguette, transformer l'air en or.

J'ai toujours fait le parallèle avec les sportifs, même s'il est bien plus parlant avec les artistes. Parce que les artistes transcendent réellement la matière qu'ils touchent, meuvent, façonnent.

Mais il y a quelque chose de fascinant dans l'atteinte d'un résultat, ce concours de petites choses, de petits riens, qui font les grands moments d'une personne, dont la réussite et de les accorder tous.

Aux championnats d'Europe, j'ai fait de l'alchimie. A l'envers. J'y suis arrivé avec sac rempli de choses qui n'allaient pas, et j'en ai fait une grande chose dissonante. Une cacophonie. Cela reste à ce jour mes pires souvenirs de vol, mes pires souvenirs de compétition. A me demander ce que je faisais ici au petit déjeuner avant de partir, à me demander ce que je faisais ici lorsque je me retrouvais de nouveau dans LE plan pourri du jour, à me demander ce que je faisais ici quand chaque après-midi je rentrais avant tout le monde (c'était peut-être d'ailleurs ce moment le plus dur). Passer des nuits quasi blanches, et recommencer. Sans jamais réussir à enrayer la machine infernale. Essayant d'adopter une attitude plus positive, reprendre une grande claque, et découvrir que ce n'était qu'une façade. Un calvaire pour mes sens et ma tête.

Je ne retiendrai que deux choses positives de ce moment. Déjà les moments partagés avec les copains, heureusement qu'il restait cela.

Et puis un petit morceau de vol pendant lequel j'ai lâché la manche pour aider mes camarades. Je me suis retrouvé sur un point bas, assez tard le soir et je suis ressorti de mon trou en compagnie de ce qui semblait être un aigle, jusqu'à un confortable cumulus pour admirer le soleil déclinant avant un plané sans enjeu vers le goal. Mon seul moment de plaisir en l'air durant ces trois semaines. Une trentaine de minutes. Un seul moment de plaisir, quand, finalement, je ne faisais plus la course.

J'ai lutté ces derniers jours pour me souvenir ce qui me fascinait et me subjuguait tant dans le vol.

Maintenant, il reste à savoir que faire de cette fin de saison en terme de compétition. Disons que ce n'est pas une décision facile. Puisque je ne peux pas changer tant d'éléments que cela pour le moment. Alors peut-être vais-je l'arrêter ici. Parce que je ne pense plus avoir la motivation nécessaire pour retourner jouer dans ces conditions. Ou peut-être vais-je y aller, juste pour passer de bons moments entre amis. Ou peut-être vais-je juste profiter des vols d'arrière saison dans mon coin. Ou peut-être laisser ma voile bien rangée au fond d'un placard.

J'avoue être largement tenté par la dernière solution.

Comme le dise les films qui se finissent de manière brutale : to be continued.

To be continued
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Guillaume 06/10/2014 13:55

En Lisant ces lignes ce matin, je me dis que parfois il est bon de toucher le fond pour mieux remonter . Encore bravo a toi et cette humilité et force de caractère dont tu (as) fais preuve.
Le meilleur est encore à venir ! To be continues

StéphBENOIT 26/08/2014 22:12

Salut Max,
C'est pas très grave de passer à côté d'une compet.
C'est sur que c'était le championnat d'Europe, mais tu es capable de très bien voler.
Tu l'as prouvé sur le circuit de la PWC.
Dis-toi qu'il peut y avoir des choses bien pire dans la vie et dans une saison de compet.
Tu ne t'en relèvera que plus fort!
J'en sais quelque chose.
Bon courage et à bientôt
Stéph