Bye bye Blackbird

Publié le par Maxime Pinot

Le titre de ce post fait référence à la fameuse chanson de Nina Simone, bien-sûr. Assez triste. Qui fait donc référence à mon dernier post... Je vous aurais fait peur paraît-il ?

C'est aussi un bye bye à la saison 2014...

On passe tous par des moments de doute. Chacun sa personnalité, chacun ses manières d'y faire face. Faire fasse à ses contradictions. Vous savez ce qui est le plus dur ? C'est douter à propos d'une des choses qu'on aime le plus au monde. Être sûr que cette passion est le moteur de votre vie, et la laisser vous coller de grandes baffes. Ce moment de doute m'a rappelé deux vers de Mercutio, le personnage le plus intéressant du Roméo et Juliette de Shakespeare :

« Si l'amour est dur avec toi, soit dur avec l'amour

Perce l'amour qui te perce et possède le »

Soit dur avec le parapente. Et surtout endure ! La nuit est sombre avant que n'apparaisse l'aube. Tu pourras alors le rejoindre dans le soleil, quand tous les éléments seront de nouveau réunis pour que l'alchimie opère. Et je sais que je vais la retrouver, cette Alchimie.

Une page se tourne, une saison se termine. Oui vous avez bien lu. Une saison se termine. Il reste pourtant la finale de la Coupe du Monde, une compétition qui m'a sourit lors de mes deux dernières participations, la plus belle des compétitions selon moi. Mais cette compétition, je n'ai pas envie de la ranger dans cette saison 2014compliquée. Je veux la voir comme un entre-deux, une échéance à part.

Bien évidemment, je n'ai pas oublié mes erreurs et réussites de cette année.

Je revois le Brésil et le Mexique dans mes rêves. Je me remémore mes sensations, exacerbées à l'extrême. Jamais elles n'avaient été aussi acérées, précises, millimétrées. Je me rappelle ma rigueur, mon calme. Ma capacité à refréner mes instincts trop attaquants, en marge de la grappe.

Je revois la France et la Serbie dans mes cauchemars. Et je pense en avoir extrait toutes les conséquences. De cauchemars, ils se transformeront alors en expérience. C'est ce qu'il se dit.

Quelque chose en moi s'est déréglé au milieu de cette saison. Certains diront que c'est facile, mais j'en fait porter une partie de la charge au matériel. Pas parce qu'il était moins performant, ceci n'est qu'une partie de l'équation. Mais parce que je n'ai jamais su régler mon style de vol pour limiter la casse. J'ai perdu toute ma rigueur, laissé place à mon style de vol agressif tout azimut. Pourquoi ? Parce que je n'ai jamais voulu me résoudre à l'idée que, peut-être, je ne pourrais produire que du passablement bon, au mieux (la meilleure preuve de cela fut le début de saison). A la place, j'ai répondu avec une solution totalement erronée. J'ai produit du mauvais, alors que j'aurais pu faire du mieux que je pouvais avec ce que j'avais. Comme me l'a dit Didier, après une manche manquée: "tu as voulu pousser mémé dans les orties". C'est simple, et bien résumé.

Finalement, et c'est paradoxal, cette sale manie de toujours essayer quelque chose en marge des autres pilotes s'est déclarée lors de ma victoire de manche à Séderon. A haut niveau, ce style de vol fonctionne ponctuellement. Et j'ai voulu jouer à cela en ayant de moins bonnes cartes en main ? Tout à l'envers. Il aurait mieux valu continuer avec cette rigueur, avaler la couleuvre. Endurer... Nous y revoilà.

Comment classer alors le championnat de France ? Disons que j'y suis allé pour voler. Sans objectif. Ni de manière, ni de résultat. Juste me faire plaisir.

Sur ce plan, c'est une réussite. Le championnat a été magnifique, dans tous les domaines.

Je me suis regardé voler, j'ai observé tout ce que je pouvais observer sur mon comportement en l'air. Le positif, le négatif. Tous les soirs, j'ai dressé un bilan de la journée, sans concessions.

Un moyen de remettre de l'objectivité dans tout ça. Un moyen de se tourner vers la belle échéance à venir. Un moyen de se dire de nouveau : « je voudrais faire ça quand je serai grand ».

Mince le temps passe. Disons alors: quand je serai vieux...

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