Superfinale 2015 Mexique: Chronique d'un échec pour mieux rebondir, partie 1

Publié le par Maxime Pinot

Superfinale 2015 Mexique: Chronique d'un échec pour mieux rebondir, partie 1

En cette belle journée de fin novembre, assis autour d'un excellent repas d'une adresse très sympa du bout du lac d'Annecy, nous discutons avec Jerem de ce qui construit une victoire, de son essence même. Nous parlons de certains pilotes que nous côtoyons depuis plusieurs années, français ou non. Et nous questionnons leurs profils: pourquoi un tel ne gagne t’il pas à chacune de ses sorties grâce à son entraînement stakhanoviste ? Et lui avec son mental hors norme ? Et cet autre, avec sa vision tactique si bien huilée ?

Cette question m'obsède depuis mes débuts en compétition dans ce sport. Il y a très peu d’exemples de pilotes ayant dominé le circuit à en étouffer la concurrence (sauf Chrigel Maurer, mais qui bénéficiait aussi d'un avantage technologique certain sur la concurrence à l'époque de son mythique proto Advance. Cela n'enlevant rien au fait que je le considère comme le pilote le plus polyvalent du monde…). Notamment depuis la fin de l'open class et des pilotes avantagés par les qualités de leurs machines.

Et puis Jerem enchaîne sur ces deux semaines au terme desquelles il est devenu Champion du Monde en 2013. Il parle de cette sensation d'invincibilité, de tous ces choix millimétrés; des choix qui auraient pu paraître complètement fous dans une autre configuration des éléments (une rentrée au goal à 15 de finesse le dernier jour alors qu'il est premier au général par exemple…), mais qui la s'inséraient dans ce monde comme si leur place était prête, ici et maintenant, depuis la préhistoire de l'univers. Et cette sensation je l'avais ressentie, tout aussi puissante, quand j'ai remporté la Superfinale… un feeling incroyable et indescriptible.

Tout cela laisse un énorme point d'interrogation dans mon approche de la performance. Sommes nous réduits à ne pouvoir rêver ouvertement de la seule et unique première place parce que nous ne maîtrisons pas notre destin à 100%, a ce point qu'il faut nous en remettre, pour partie, à la bonne fortune ?

Je suis parti sur cette Superfinale sans croire un mot de ce côté aléatoire, de ce syncrétisme quasi “sportivo-religieux”. Je suis parti sur cette Superfinale avec la ferme intention de défendre mon titre, sur que l'entraînement et un état d'esprit conquérant, étaient les seules et uniques clefs de la réussite.

Alors je suis arrivé en avance, pour préparer cet événement, en programmant même une compétition avant celui ci. Et même plusieurs jours d'entraînement avant cette première compétition, le Monarca Open. Un seul objectif: régler le pilote.

Jamais je ne suis parti sur un vol sans objectifs, et sans un parcours à réaliser. Jour après jour, pendant mes 80/100 kilomètres et mes quatre heures de vol quotidiens, souvent accompagné par Julien et Louis, je m’appliquais à régler ce qui m'avait déplu la veille. J'étais focalisé, totalement tendu vers cet objectif auquel j'ai pensé chaque jour depuis un an...

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labro 02/02/2016 21:13

La suite, la suite !! Le suspens est insoutenable ;-)